On dit des Doukhobors qu’ils sont des « combattants dans l’âme » en raison de leur détermination à défendre leurs convictions religieuses, quitte à défier les gouvernements. En immigrant au Canada pour fuir la persécution religieuse dont ils étaient victimes en Europe, ils ont apporté un très grand savoir-faire textile. Dans leurs fermes collectives de la Saskatchewan, ils traitaient les fils de laine et les coloraient à l’aide de teintures chimiques emballées pour créer des nuances ardentes, comme celles de ce tapis. Ils fabriquaient également des vêtements et divers textiles domestiques à partir de la laine.
D’où ce textile provient-il?

tapis
Amérique du Nord : Canada, Doukhobor
1905 - 1924, début du XXe siècle
Laine et chanvre, technique à points noués
168 cm x 105 cm
Don de Madeleine Boucher Harvie
T04.22.4 Textile Museum of Canada
Au premier coup d’œil, ce tapis semble provenir directement du Caucase. Sa taille, son médaillon central, son velours « flottant » et ses cornes de bélier représentées en bordure sont typiques des tapis des régions montagneuses du Caucase, comme l’Azerbaïdjan et l’Arménie. Si les couleurs plus vives et plus acides détonnent, il y a effectivement un lien de parenté. Ce tapis tire son origine de la communauté doukhobore, qui a quitté la Russie, en passant par le Caucase, pour immigrer au Canada, au début du XXe siècle.
Compte tenu des heures et des efforts infinis qu’entraînait la fabrication des tapis à points noués, c’est collectivement que les Doukhobors s’attelaient à la tâche. Toute la famille, y compris les enfants, travaillait à la confection des nœuds. Une fois finis, les tapis étaient vénérés, et c’est sans hésitation que de jeunes couples s’y agenouillaient pendant leur cérémonie de mariage.

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