Les techniques d’ornementation utilisées pour ce manteau, la couture et l’ajout de paillettes, rappellent celles qui sont à la base des kalagas, des tentures narratives également fabriquées au Myanmar (auparavant la Birmanie). Les kalagas illustrent des extraits du Ramayana (l’épopée de Rama) ou des légendes du folklore birman. Le port de ce manteau était autrefois réservé aux représentants de la cour et de la royauté ainsi qu’à de hauts dignitaires, mais, avec l’arrivée du régime britannique, les hommes du peuple ont pu se l’approprier et en fabriquer. Ce manteau donne à celui qui le revêt des airs d’opulence, même s’il n’est guère riche.
D’où ce textile provient-il?

manteau
Asie : Asie du Sud-Est, Myanmar (Birmanie)
1875 - 1900, fin du XIXe siècle
Velours de coton orné de fourrure, de paillettes, de perles, d’une bordure de ruban tressé et d’une frange
82 cm x 145 cm
Don de Jack Brandes
T88.0752 Textile Museum of Canada
Ce somptueux manteau croule sous le poids de centaines de grosses paillettes creuses et de perles, ainsi que de plusieurs mètres de coton et, pour la bordure, de ruban doré. Il se distingue par sa bordure ajoutée à la machine à travers la doublure de coton et par ses motifs floraux grossièrement cousus. On ne saurait parler de broderie, car, non décoratifs, les points de couture ne servent qu’à fixer les paillettes, les perles et la bordure.
Les premières broderies du palais royal birman (1752-1760 apr. J.-C.) présentaient une facture rudimentaire. On raconte qu’elles étaient faites de vraies pièces d’or piquées sur le coton. En introduisant le velours, les paillettes et les pierres semi-précieuses en Birmanie, les artisans thaï ont ennobli le costume impérial.

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