Deux types de fibres protéiques sont couramment utilisées pour la fabrication de textiles. Le cheveu humain, la fourrure et les plumes en forment un. La soie, bobinée à partir des cocons de certains papillons nocturnes, en constitue un autre. Il y a 4 000 ans, les Chinois découvraient que la soie pouvait servir à fabriquer des tissus à la fois brillants, doux et solides. Cette découverte est demeurée cachée jusqu’au VIe siècle apr. J.-C., lorsque deux moines persans déguisés en missionnaires chrétiens rapportèrent à Byzance quelques œufs de vers à soie dissimulés dans un bâton de pèlerin creux.
D’où ce textile provient-il?

dessus de chaise
Asie : Asie de l'Est, Chine
1675 - 1725, style Ming
Soie satin avec brocart de soie et d’or
190 cm x 55 cm
Don de Fred Braida
T89.0300 Textile Museum of Canada
La frange nouée de ce dessus de chaise a deux des caractéristiques fondamentales du fil de soie : une matière teinte en tons chatoyants et une texture légèrement collante. Les brins s’attirent et s’accrochent aux doigts lorsqu’on les caresse.
Au stade de chenille, par la filière sous sa bouche, le Bombyx mori élevé en captivité sécrète un filament unique dans lequel il s’enveloppe pour former sa chrysalide. Avant d’être percé par le papillon, le cocon peut se dérouler en un long fil de soie. La force de traction de ce fil surpasse celle de l’acier. Longtemps utilisée pour concocter les fils croisés des viseurs d’artillerie et des microscopes, la soie sécrétée par l’araignée est encore plus solide et élastique. Des chercheurs de Nexia Biotechnologies Inc., firme canadienne basée à Montréal, tentent de transmettre un gène de la soie d’araignée à une chèvre. Ils espèrent ainsi produire des protéines de lait de chèvre qu’il sera possible d’extraire en un filament présentant certaines des propriétés de la soie d’araignée.

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