Répandue dans l’ensemble des basses terres de l’Amérique du Sud, la fabrication de masques corporels sert à des fins rituelles, en rapport avec la fécondité ou la mort. Les masques sont créés à l’aide d’une méthode parmi les plus anciennes, qui consiste à battre et à décorer du tissu d’écorce. Si elle est pratiquée dans la plupart des régions tropicales, cette méthode est particulièrement courante dans la zone orientale de l’Amérique du Sud, où il n’existe pas de métier à tisser.
D’où ce textile provient-il?

masque funéraire (ya-ko-ko-su-ti-ro)
Amérique du Sud : Nord-Est de l’Amérique du Sud, Brésil, Tukano
1940 - 1990, du milieu à la fin du XXe siècle
Tissu d’écorce cousu et peint, à appliques, renforcé par des cannes
129 cm x 187 cm
Don du Dr. Jeanne Cannizzo
T91.0273 Textile Museum of Canada
Ce grand masque de forme conique dissimule le corps de la tête aux genoux, grâce à sa frange de palmier attachée à un cerceau de canne au bas. D’autres cerceaux renforcent la tête et donnent forme aux manches, qui sont courtes. Peint avec des teintures végétales, son tissu d’écorce provient d’un palmier appelé le tururi. Le visage peut représenter un esprit de la forêt ou une autre créature de forme humaine.
Les Tucanos organisent des funérailles théâtrales, appelées óyne (pleurs), pour les proches qu’ils viennent de perdre. Les hommes portent alors un masque corporel à l’effigie des hôtes du monde spirituel. Ils dansent, chantent et miment les comportements animaux ou spirituels. À la fin de la cérémonie, le cortège funèbre brûle les masques fabriqués en tissu d’écorce pour chasser l’âme du défunt.

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