La courtepointe dite « pointe-folle » est née à la fin du XIXe siècle. Pour les Victoriens, le mot crazy ne voulait pas seulement dire « fou » ou « sauvage », mais aussi « brisé », « craquelé » ou « qui a volé en éclats ». Les pointes-folles se caractérisent par l’agencement de retailles de robes aux couleurs riches, de vignettes brodées ou peintes et de points décoratifs soulignant le contour des pièces. Il a été populaire à une époque où la vie des femmes était régie par un code comportemental strict, et c’est sans doute en réaction à celui-ci qu’aucune règle n’ordonne les motifs irréguliers de ces courtepointes.
D’où ce textile provient-il?

pointe-folle
Amérique du nord : Canada, Canada Central, Ontario, Warkworth
vers 1893, fin du XIXe siècle
Tissus de coton et de laine, superposés, piqués et brodés
187 cm x 154 cm
Don de Dorothy Caldwell, Jean Johnson et Skye Morrison.
T92.0120 Textile Museum of Canada
Cette courtepointe est l’œuvre de Jessie Pomeroy Jones, de Warkworth en Ontario, l’année avant son mariage. Excellente couturière, sa mère confectionnait des robes et des vêtements masculins pour une clientèle aisée. Contrairement à la plupart des dessus de « pointes-folles », faites de pièces de soie, de satin et de velours opulents, ce sont des morceaux de fins lainages trouvés dans la boîte à retailles de sa mère que Jesse a agencés. Son talent pour le travail à l’aiguille est mis en évidence par les figures animées du chat et du chien de la famille qu’elle y a brodées.
« Les courtepointes sont une forme complexe de communication artistique. Elles témoignent autant des habiletés acquises que de l’histoire d’une famille ou d’une communauté. C’est aussi un art encore bien vivant dans le Canada d’aujourd’hui. » Skye Morrison, historienne canadienne du design

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